Je demeure généralement positive. N’ai-je pas intitulé mon
blogue « gratitude » ? Je me dis depuis le début de ce parcours
que je ne dois pas me laisser abattre, me décourager où brouiller du noir. Je
souhaite être reconnaissante pour le doux et le bon qui composent mes journées;
pour mon compagnon extraordinaire qui me rappelle son amour à travers des
milliers de gestes au quotidien … mais présentement, je me permets de dire que
je me sens essoufflée, j’éprouve un moment de découragement. Il m’est difficile
de regarder dans le miroir cette femme au
visage enflé que je ne reconnais pas, à sentir l’engourdissement de l’extrémité
de mes orteils le soir venu. On m’avait avisé de ces « inconforts »,
mais je croyais pouvoir les éviter. Voilà que non. Je crains bien qu’ils s’accentuent,
tel que prévu, comme la fatigue qui m’habite un peu plus chaque jour. Et il y a
ces gens que nous aimons profondément et qui ne peuvent être là pour nous comme
on souhaiterait tant qu’ils le soient, simplement parce qu’ils en sont
incapables.
« Il nous faut un peu d’obscur pour bien voir, étant
nous-mêmes composés de clair et de sombre »
Christian Bobin
