dimanche 30 septembre 2012

Marche pour le cancer


Marche CIBC pour le cancer,

Aujourd’hui, j’ai participé à la marche CIBC de 5 km pour le cancer du sein, accompagnée de Marc, Léah, Jani et Alain ainsi que d’autres de l’équipe Iviangitsiat (de beaux seins) de Kativik, à laquelle nous nous sommes joints. C’était très émouvant de voir autant de femmes, hommes et enfants marchant pour soutenir un des leurs et plus encore, je crois, de faire partie de celles qu’on soutenait. Je me disais que suivant le rétablissement, ce serait un beau défi de courir le trajet. J’y arriverai! 

Today, Marc, Leah, Jani, Alain and myself participated in the CIBC 5 km walk for cancer, joining the Kativik team Iviangitsiat (beautiful breasts). It was quite moving to see so many women, men and children walking to support family members and friends, and even more so, I believe, to be among the many women being supported. I thought it would feel like a great accomplishment to actually run the route after recovery. Something to look forward to!

For more pictures. Pour plus de photos: https://skydrive.live.com/?cid=905092b5ace1602a&id=905092B5ACE1602A%211103&Bsrc=Photomail&Bpub=SDX.Photos&sff=1#cid=905092B5ACE1602A&id=905092B5ACE1602A%211092




samedi 29 septembre 2012

Coconut Bliss


On sait que le sucre est le pire ennemi du cancer. Toutefois, il existe certains substituts intéressants, dont le sirop d’agave qui est un extrait de la sève d’un cactus. Il a un goût délicieux qui s’apparente à celui d’un miel clair, mais un index glycémique trois à quatre fois inférieur à celui-ci.

J’ai découvert aujourd’hui la crème glacée extraordinaire « Coconut Bliss » qui ne contient aucun produit laitier, ni soya, ni sucre. Elle est composée de deux aliments épatants, le lait de coco et le sirop d’agave. C’est un WOW à coup sûr ! À trouver dans les magasins d’aliments naturels. 

vendredi 28 septembre 2012

What can I do?

Lyne started her treatment this week and even though we went through a lot of reading about the different aspects of cancer, I feel as if I was missing something, there must be something else that I should know or do to help, to relieve some stress, to make her life easier. I feel the same way as if she was pregnant, everything is happening inside her and she is the only one who can feel it.

This morning I found this text: What can a husband do to support his wife through breast cancer? http://www.quora.com/What-can-a-husband-do-to-support-his-wife-through-breast-cancer
I read it and felt better.

What reassures me is that Lyne talks and says how she feels. I am grateful for that. We talk and share ideas on how we can help her body go through this journey, nutrition wise but also stress wise, a way of life that would more respect who she is and her needs. When we do, I really feel part of this voyage with her.

I will follow Jennifer Moore Ballentine's advise :"What any husband can do to support his wife through cancer is to just be her husband. Love, cherish, honor, protect, entertain, stimulate, comfort, help, and share. Just more of it."


VOUS TROUVEREZ LA VERSION FRANÇAISE DE CE BLOG SUR http://leprecieuxdelavie.blogspot.ca/


 

jeudi 27 septembre 2012

Mya

La pharmacienne en oncologie m'a avisée qu'il y avait une possibilité que je souffre d'insomnie causée par les médicaments. Alors voilà, je n'ai pas dormi de la nuit. Ce qui peut nous passer par la tête pendant toute une nuit : J'ai peint au moins quatre toiles magnifiques, écrit quelques blogues, préparé une exposition, créé quelques recettes, mais les plus belles pensées étaient réservées pour Mia. J'adore les enfants de Malika. Elles sont de petits miracles qui ont pris place dans nos vies comme des chatons enjoués qui s'excitent dès qu'ils nous voient et viennent se blottir contre nous pour nous charmer davantage. J'aime la sensibilité de Zoé et la facilité avec laquelle elle s'exprime à propos de tout et de rien, jouant et riant avec les mots, mais j'ai un tout petit faible pour Mya. Elle est sérieuse, elle semble réfléchie, même à deux ans, mais lorsque lui prend l'envie de faire des folies, elle se lance et fonce d'un pas encore fragile, mais pourtant décidé. Un simple regard de Mya me fait fondre le coeur. J'ai une photo d'elle suçant ses deux doigts et me regardant de son air rieur, posée sur la commode de ma chambre. Je la regarde souvent. Longtemps, il y en a eu une sur une tablette de l'armoire de cuisine, où elle pose comme une starlette avec sa moue moqueuse. C'est moi qu'elle regarde, je le jure. Mya et moi, on se fait du bien. Je suis reconnaissante d'avoir ce lien avec ma petite fille et je compte bien le nourrir. C'est ça le grand amour.

mercredi 26 septembre 2012

L'art comme thérapie


Le premier jour de chimiothérapie s'est soldé par une nausée qui a débuté après le dîner et qui a duré jusque vers huit heures. C'est à ce moment que le miracle s'est produit. Pinceau en main, papier & peinture prêts, j'ai pris le temps de créer une oeuvre. 

Au tout début de ce processus, alors que je patientais dans une des salles d’attente du Royal Vic, je suis tombée sur une publicité pour des sessions d’art thérapie offertes aux patients souffrants du cancer. Je n’allais pas me rendre à l’hôpital pour ces séances, mais je décidai que ce serait l’occasion de me remettre à peindre. Cette idée a germé en moi pendant ces quelques mois et voici le projet :

Une fois par jour, je devrai créer une œuvre qui fera partie d’un journal de bord de cette expérience, au jour le jour, avec le cancer. J’ai d’abord préparé 21 feuilles de 15 x 15 po équivalant à un des cycles de trois semaines de chimiothérapie. Ensuite, j’ai cru sage de préparer plusieurs autres feuilles de 5 x 5 po, pour les journées plus difficiles.

Hier, j’ai produit une petite œuvre, et c’est à ce moment que mes nausées ont cessé.

Je suis reconnaissante du pouvoir bienfaisant que l’art a sur moi, en tout temps, mais particulièrement maintenant alors qu’il me permet d’exprimer directement et spontanément les émotions qui font surface quotidiennement.

J’ai très bien dormi, et je me sens beaucoup mieux aujourd’hui.



  



mardi 25 septembre 2012

Le rire


Ça y est, c'est fait!! La glace est brisée. Tout s'est très bien passé, mais je suis épuisée, pas à cause du traitement, mais parce que j'ai très mal dormi hier soir. Je souhaite considérer cette expérience de ma vie comme l'occasion de faire le point, de voir ce que je peux améliorer dans ma vie, au quotidien. Toutefois, il est important de reconnaître et d'exprimer mes craintes. La peur de l'inconnu était présente depuis le tout début. Il me semble me souvenir d'histoires de chimiothérapie plutôt horribles. 

Mon Marc m'a accompagnée. J'étais plutôt sérieuse dans la voiture. Tout à coup, il se met à me parler de l'étudiante qui est entrée dans son bureau hier en s'excusant tout d'abord de sa difficulté à s'exprimer en raison du nouveau piercing sur le bout de sa langue qu’elle s'était fait faire la veille. Il se met donc à l’imiter, en exagérant l’entretien  entre eux. J’ai tellement ri! Et bien sûr, lorsque Marc a un bon public, il en ajoute. C’était tordant. Tout de suite après, je me sentais détendue.

Je m’imaginais le pire … (Une pause dans le blog est présentement nécessaire)

Oups, on ne rit plus.  Je prends la relève. Lyne est étendue et a la nausée, une nausée extrême style gastro. Il semble que les effets secondaires commencent à se faire sentir. 

Pour faire une longue histoire courte (puisque je dois faire à souper dans les prochaines minutes), le traitement de ce matin s'est bien déroulé.  Bien loin de tout ce que Lyne avait pu imaginer.  Les infirmières (Albertine et Anna) étaient toutes deux très gentilles, parlaient avec calme et rassuraient à la moindre inquiétude.  Julie la pharmacienne est ensuite venue nous entretenir des médicaments et des effets secondaires, mais aussi des moyens pour en diminuer les effets désagréables.

Ce sera un jour à la fois.

A short resume in English: For the last few days, Lyne had a hard time sleeping, anxious about what was coming and also the worst that could come too.  After a good laugh in the car, we arrived at Royal Victoria Hospital and met very nice and reassuring nurses.  Everything went well with during the treatment, we also met the pharmacist that explained all side effects and how to prevent most of them. Outside, we went for a nice walk, enjoying the afternoon sun.

Righ now, Lyne is lying on the sofa, side effects arrived while she was writing the blog and she is feeling very nauseous.  It will be one day at the time.

lundi 24 septembre 2012

Marcher pour la recherche

Dimanche prochain, le 29 septembre, aura lieu  la Course à la vie de la Fondation canadienne du cancer du sein.  Lyne, Léah et moi y prendrons part avec des amis qui s'y retrouvent depuis plusieurs années. Pour que, par la recherche, un moyen de contrer cette maladie soit éventuellement trouvé, des fonds sont nécessaires.

Voici un lien pour commaditer Lyne: http://www.runforthecure.com/goto/lynemeditatio

Je ne vous jure pas qu'elle va courir les 5 km, mais je serai à ses côtés pour les marcher.

Merci de votre générosité!


dimanche 23 septembre 2012

Choisir une alimentation anti cancer


J’ai lu, comme je le fais avec grand plaisir, la chronique de Pierre Foglia intitulée Bio dans La Presse de samedi. Il y parle de gens qu’il a rencontrés et qui se déplacent pour faire provision de produits  bio. Quelques-uns de nos amis prennent plaisir à recevoir, ainsi, leur panier de légumes biologiques apporté à un point de chute par leur « fermier de famille ».  Ces agriculteurs biologiques sont une centaine au Québec à faire pousser des légumes biologiques qu’ils apportent en ville le même jour, toutes les semaines. Marc m’en parle depuis des années, et la plus importante de toutes mes excuses a toujours été que je n’avais pas envie qu’on se tape une responsabilité hebdomadaire de plus. Je suis tannée de courir, lui ai-je souvent répété. De plus, je n’ai pas le goût de manger du chou pis des carottes pendant des mois, même s’ils sont apprêtés de mille et une façons.

Ma fille Léah est végétarienne. Il y a quelques mois, elle m’a fait voir le documentaire Food Inc. que j’ai trouvé choquant, mais cela ne m’a pas empêchée de continuer à acheter et de consommer ma viande chez Maxi, parce que c’est à deux pas de chez moi, et c’est moins cher. C’était avant d’apprendre que j’avais un cancer du sein. Il n’y a aucun antécédent dans ma famille. Je suis la première, et je ne serai sans doute pas la dernière. Il est prévu qu’en 2017, 50 % de la population en Amérique souffrira d’un cancer. Plusieurs études ont démontré la progression simultanée de la consommation massive de graisses oméga-6 qui a déséquilibré notre organisme, de l’obésité et du syndrome inflammatoire sous-jacent y étant associé, et du cancer. Ce n’est pas tant ce qu’on mange qui pose un problème, mais la nature de ce qu’on mange. Dans son livre Anticancer, David Servan-Schreiber nous parle de la malbouffe des vaches et des poules. Voici ce qu’il en dit :

Dans le cycle de la nature, les vaches mettent bas au printemps, au moment où l’herbe est la plus grasse, et font du lait pendant plusieurs mois, jusqu’à la fin de l’été. L’herbe du printemps est une source particulièrement riche en acides oméga-3, qui se trouvent dans le lait des vaches élevées en pâturage, et par conséquent dans tous ses dérivés, beurre, crème, yogourt, fromage. Les oméga-3 de l’herbe se retrouvent également dans la viande du bœuf qui s’en nourrit, et dans les œufs des poules élevées en liberté et nourries au fourrage plutôt qu’au grain. À partir de 1950, la demande pour les produits laitiers et la viande a tellement augmenté que les éleveurs ont dû contourner la contrainte du cycle naturel de production du lait et réduire l’espace d’herbage nécessaire pour nourrir un bovin de 750 kg. Les pâturages ont été abandonnés au profit de l’élevage en batterie. Le mais, le soya et le blé, qui constituent désormais l’alimentation principale des bêtes, ne contiennent quasiment pas d’oméga-3 et sont en revanche très riches en oméga-6. Si les bêtes mangent de l’herbe, alors la viande, le lait et les œufs qu’elles nous offrent sont parfaitement équilibrés en oméga-3 et oméga-6 (un équilibre proche de 1/1).  Si elles mangent du maïs et du soya, le déséquilibre dans notre organisme atteint les taux actuels, soit 1/15, voire 1/40 chez certains d’entre nous.

C’est quoi le problème ? Une quantité surélevée d’oméga-6 dans notre alimentation facilite le stockage des graisses, la rigidité des cellules, la coagulation et les réponses inflammatoires qui favorisent et même accélèrent la croissance de nombreuses tumeurs cancéreuses.

Il  m’a fallu un cancer pour soudainement m’intéresser à tout ça. Je ne peux enrayer la maladie sans l’aide de la médecine moderne, mais je peux profiter du pouvoir de guérison de la nature en suivant les recommandations de chercheurs qui ont démontré par de nombreuses études qu’il m’est possible de limiter la croissance des cellules cancéreuses en adoptant de saines habitudes alimentaires, entre autres. J’ai longtemps cru que l’alimentation biologique était soit le trip d’une pognée de granoles ou une mode passagère des biens nantis. Depuis peu, mon compagnon de vie et moi avons adopté un régime presque exclusivement végétarien. Nous évitons les produits raffinés comme le sucre et la farine blanche et limitons notre consommation de viande rouge ou de volaille à une fois par semaine. Je préfère acheter ces produits d’un point de vente offrant la garantie que la ferme d’où ils proviennent nourrit ses animaux au fourrage seulement et non au grain. - Il n’est pas garanti, même dans l’agriculture biologique, que les poulets, pour lesquels il y a une demande incroyable, ne sont pas nourris au maïs et au soya.

S’il est vrai que les viandes et la volaille biologiques sont plus dispendieuses, le coût est largement récupéré par une alimentation végétarienne composée principalement de légumineuses, qui sont très économiques, ainsi que de fruits et légumes. Nous prenons aujourd’hui un réel plaisir à préparer nos repas ainsi qu’à manger des plats savoureux incluant, entre autres, curcuma, poivre, gingembre, thé vert, petits fruits, choux, brocolis et autres crucifères, qui contribuent à notre mieux-être.  

samedi 22 septembre 2012

Mon armée


J’ai appris vendredi que je commence les traitements de chimiothérapie mardi matin. J’avoue être un peu nerveuse. Depuis hier matin, surtout, je me sens comme lorsque je me préparais à accoucher. Je fais le ménage, la lessive, les courses, car je crains de n’avoir ni le temps, ni l’énergie à compter de mardi. Je sais que la chimio zappera mon énergie, mais j’espère que ce ne sera que quelques jours au début de chaque traitement, et que je pourrai entreprendre mes activités le plus normalement possible. J’ai parlé de mes craintes au sujet des traitements à une amie qui a survécu au cancer du sein il y a des lunes, et j’aime bien la description qu’elle m’en a faite : la chimio, c’est ton armée qui combat le cancer, et toi, ton travail consiste à appuyer tes soldats par le biais de la nourriture, l’exercice et  le repos.

Je compte sur vous tous pour m’envoyer de bonnes pensées m’apportant du courage mardi matin, 8 h 15.

jeudi 20 septembre 2012

La croix et le coeur


Dans l’autobus qui me menait à l’Université d’Athabasca afin de faire face à un examen d’histoire du Canada, le dernier examen afin d’obtenir mon baccalauréat, je me suis mis à lire ma petite Bible que je trainais sur moi, une vieille Bible de 1904 que j’avais achetée dans une « vente de feu »  ̶ C’était effectivement des livres qui avaient survécu au feu survenu dans une bibliothèque d’un bâtiment appartenant aux Frères de Saint-Jean à Edmonton. Je devais avoir 24 ans et, malgré le fait que j’avais été élevé dans la foi chrétienne et que je savais par cœur chacune des paroles que le prêtre lisait le dimanche, ma foi était plutôt chancelante. Lorsque la vie ne met sur notre chemin que des roses, étrangement, après quelque temps, l’on se croit à l’abri de tout, l’on se sent invincible.  Ce jour-là, la Bible avait pris place dans mes bagages parce qu’une crainte énorme m’habitait, je voulais en terminer avec l’université, je ne pouvais réussir cet examen seul.  J’avais besoin d’aide.  J’ai sorti la Bible et l’ai posée sur mes genoux.  Je me sentais comme quelqu’un qui se prépare à essayer un nouveau shampoing dont on a longtemps vanté les mérites. Puis, à mesure que je lisais, une paix profonde s’est installée, je prenais plaisir à lire et… je suis tombé sur : « Remets tes affaires à l’Éternel, et tes desseins seront affermis. » Proverbes 16 :3-4  C’était un signe. Pas de doute.  Pourquoi ais-je douté?  Ce n’est pas parce que je ne Lui fais de place dans ma tête que Lui (ou ELLE) n’est pas dans ma vie.

Au fil des ans, ma foi a fait de la haute voltige; elle s’est étiolée alors que nos jeunes traversaient les vagues gigantesques de l’adolescence pour retrouver, plus récemment, une certaine sérénité. Le temps me raconte des histoires d’un  Petit prince qui apprivoise un renard et j’ai, moi, le goût de croire que la vie nous porte dans ses mains et me laisse apprivoiser par le souffle de Dieu qui apaise la douleur. 

Depuis quelques semaines, chaque soir, je prends de l’huile dans une petite bouteille sur ma table de chevet.  Cette huile a été donnée à Lyne par une de ses amies qui s’oignait de celle-ci à l’endroit précis où la maladie sévissait  ̶  ais-je besoin de mentionner que ses maux sont disparus et qu’elle est bien portante? ̶   Mon doigt touche à peine la surface du liquide, une toute petite goutte y apparaît. Je m’approche de Lyne, l’embrasse, dépose un baiser sur son sein droit, puis sur son sein gauche et viens dessiner, tout doucement, à l’endroit où se trouve la tumeur, une croix et par-dessus un cœur.  C’est ainsi, après avoir dit à Lyne que sa tumeur est vraiment plus petite que la veille, que chaque soir l’on s’endort.

L’amour et la foi sont les deux aliments anti cancer qui nourrissent l’âme humaine.

Marc



La gratitude


« Rien n'est bon ni mauvais en soi, tout dépend de ce que l'on en pense »

William Shakespeare




Il y a quelques années, alors que je vivais un moment difficile et que j’avais l’impression que plus rien n’allait, une amie chère et moi avons pris la décision d’orienter nos pensées sur la gratitude, décidant qu’aussi souvent que possible, et surtout lorsque se présentaient des contrariétés, nous allions écrire une liste de six choses pour lesquelles nous nous sentions reconnaissantes. Au bout de quelques semaines seulement, nous nous sentions toutes deux transformées.

 Le mot « crise » en chinois, est composé de deux caractères signifiants danger et opportunité. Je peux me nourrir du sentiment de l’un ou de l’autre. Je choisi, à l’aide de ce blogue, de regarder ma situation à la lumière de la gratitude. On dit que lorsque le ciel est noir, cela nous permet de voir les étoiles.

Aujourd’hui…
Je suis reconnaissante d’avoir à mes côtés un homme dont l’amour, la patience et la foi sont d’un soutien hors du commun.

Je suis reconnaissante de la lumière qui baigne chaque jour les fenêtres de ma demeure.

Je suis reconnaissante de m’être engagée à écrire ce blogue. Il fait en sorte que je doive bien réfléchir à tout ce que je partage, car j’ai la responsabilité de mettre en pratique ce que je dis.

Je suis reconnaissante que le chocolat noir soit un aliment anti cancer. Je ne vis plus aucune culpabilité à m’en réjouir régulièrement.

Je suis reconnaissante envers la directrice des ressources humaines de l’entreprise où je travaille depuis cinq ans. Elle a eu la sensibilité de penser à m’envoyer régulièrement de la traduction à faire, à mon rythme et selon mon état de santé, afin que je puisse bénéficier d’un petit revenu supplémentaire tout en conservant un lien avec le monde extérieur lors de mon congé.

Je suis reconnaissante envers tous les gens qui lisent ce blogue. J’ai l’impression que plusieurs personnes pensent à moi et je me sens soutenue et aimée.  









mardi 18 septembre 2012

Les fruits mûrs


J'ai appris aujourd'hui qu'il y a une liste d'attente. Je fais partie des patients prioritaires, mais certains le sont plus que moi. Les réflexions d'hier ont porté leurs fruits. Je me suis souvent dit que ce qui ferait mon bonheur, ce serait de pouvoir créer, peindre, marcher quotidiennement avec ma collègue et bonne amie Susan tout en parlant d'art et de philosophie pour ensuite revenir chez moi et m’installer à ma table de travail. Allais-je perdre mon temps ainsi que la possibilité de ces moments précieux, car maintenant, ce qui ferait mon bonheur, ce serait d’amorcer les séances de chimiothérapie ? Pure folie! J’ai savouré chaque instant de l’après-midi à développer mon projet de peinture.

Je suis reconnaissante d'avoir l’occasion de créer des œuvres qui sont une expression de mon être profond. L’acte de peindre est pour moi un moment de grâce. Je remercie Dieu, le ciel et la terre de m’avoir fait ce don précieux de ma vision créative.

lundi 17 septembre 2012

I am exactly where I need to be


I spent much of today worrying and fretting about the phone call I should be receiving to inform me of where I thought I should be on Wednesday. The most difficult thing about learning that you have cancer is the waiting that comes along with the news. As soon as you have the mammography and are told there might be a "problem", an appointment is made so that you can get more specifications. You wait for that appointment to be set, and then you wait to go. When you do go, you are sent for tests, and wait for results. When you get those results, you need more tests done, and then you wait again. When all seems clear, you wait for the phone call that will inform you of when treatment begins. Essentially, all the time I spend waiting, around this issue and several others, is time not being present.

This evening, I went to meditation with a friend. The topic revolved around being here, now, this very moment, and accepting that we are exactly where we need to be. I realize that I spend most of my life thinking about what happened yesterday, and where I should be or want to be tomorrow. Today, this moment, here and now, I am rarely there. I should not be worried about exactly when I will be scheduled to begin treatment, because other people will figure that out for me in good time. All I have is today. This time I have is mine to live and to experience. I am most grateful for the reminders. 

samedi 15 septembre 2012

L'amour est un besoin biologique

Une étude parue dans le British Medical Journal a montré que sur six milles femmes à qui l'on venait de diagnostiquer un cancer du sein, on a recensé deux fois plus de décès au bout de cinq ans parmi celles qui disaient manquer d'affection dans leur vie.

Je suis reconnaissante d'être une femme aimée.

vendredi 14 septembre 2012

Le corps a ses raisons



Je suis privilégiée. J’habite en bordure du lac St-Louis et tous les matins, depuis peu, je prends une marche d’une trentaine de minutes qui m’amène à un parc s’ouvrant sur une vue magnifique du lac. J’essaie très fort d’abandonner toutes les pensées qui me viennent à l’esprit, afin de demeurer ici et maintenant. Cet exercice exige de moi tout un effort, mais avec le temps, j’y arriverai. Ce matin, je me suis éveillée avec une douleur aux épaules et des tendinites aux deux coudes. Je suis devenue consciente, au fil des ans, que ces points fibromyalgiques sont pour moi les lieux par excellence où s’installent l’anxiété et le stress. En marchant, je pris soudainement conscience que j’avançais d’un pas très rapide, et que mes pensées fuyaient à la même allure. Je m’arrêtai quelques secondes pour prendre une poignée d’herbe fraîchement coupée et j’en inspirai l’odeur fraîche de la nature. Puis, je décidai de m’assoir sur un banc, face au lac, pour y méditer pendant 20 minutes.

Dans Guérir,Servan-Schreiber affirme que nous ressentons les émotions dans le corps et non dans la tête. Il parle d’une nouvelle médecine des émotions où il est souvent plus efficace de gérer le stress et l’anxiété sans médicaments ni psychanalyse en ayant recours, par exemple, à l’énergie de la lumière, ou en augmentant son apport quotidien en acides gras oméga-3 provenant de l’huile de poisson, entre autres. Il m’a déjà été recommandé à maintes reprises par mon équipe médicale d’inclure des activités telles que la méditation, le yoga, ou l’art dans mon quotidien. Je me suis particulièrement intéressée à la méthode de cohérence cardiaque proposée par Servan-Schreber. 

Comme dans la tradition de toutes les méthodes de relaxation, dit-il, la première étape consiste à tourner son attention vers l’intérieure de soi. La première fois qu’on la pratique, il faut d’abord s’extraire du monde extérieur et accepter de mettre de côté toutes ses préoccupations pendant quelques minutes. Accepter que nos soucis puissent attendre un peu, le temps nécessaire au cœur et au cerveau de retrouver leur équilibre. La meilleure façon d’y arriver est de commencer par deux grandes respirations lentes et profondes. Pour que l’effet soit maximal, poursuit-il, il faut laisser son attention accompagner le souffle tout au bout de l’expiration et la laisser faire une pause de quelques secondes avant que l’inspiration suivante ne se déclenche d’elle-même. Il faut, en fait, se laisser porter par l’expiration jusqu’au point ou elle se transforme naturellement en une sorte de douceur et de légèreté. Mais pour maximiser la cohérence cardiaque, il faut, après dix ou 15 secondes de stabilisation, reporter consciemment notre attention sur la région du cœur dans notre poitrine, comme si on respirait à travers le cœur ou la région centrale de la poitrine. Tout en continuant de respirer lentement et profondément, mais sans forcer, il faut visualiser, sentir même, chaque inspiration et chaque expiration traversant cette partie si importante de notre corps. Imaginer que l’inspiration lui apporte au passage, l’oxygène dont elle a tant besoin, et que l’expiration la laisse se défaire de tous les déchets dont elle n’a plus besoin, laissant le cœur se laver dans ce bain d’air pur, clarificateur et apaisant.

Assise, donc, face au lac où je savourais la vue des diamants sur l’eau et le soleil matinal chauffant ma peau, je procédai de mettre en pratique cette méthode. J’imaginai l’inspiration traversant mon cœur, et puis aussi, mon cou et mes épaules... Lorsque je regardai l’heure, cela faisait exactement 20 minutes que je me trouvais là à méditer. Je me levai lentement. Mon rythme s’était apaisé. Je marchai lentement jusque chez moi, appréciant tout ce que je n’avais pu voir dans mon élan frénétique vers le lac. Les tendinites sont toujours présentes, je l’accepte tout simplement. Ce matin, je prévoyais malgré la douleur que je tentais d’ignorer, me lancer dans la préparation de la pile de papier prévue pour mon projet de création. Au lieu de cela, je lirai paisiblement tout  l’après-midi.

jeudi 13 septembre 2012

La bonté divine

Le dernier examen avant la chimiothérapie a eu lieu. C’était une biopsie guidée par IRM (imagerie par résonance magnétique). J’étais dans une position pour le moins inconfortable et pendant une trentaine de minutes, l’équipe exécutait chacune des étapes du processus qui devaient être validées par une prise d’images. Cela exigeait que mon corps tout entier soit glissé dans cette machine imposante et puis retiré, a plusieurs reprises.
Évidemment, il faut composer avec l’inconfort de la position, le confinement dans un espace restreint, le bruit de l’équipement, l’embarras de sa nudité, mais ce que l’on ressent surtout, c’est une profonde vulnérabilité. À quoi ai-je bien pu penser pendant tout ce temps? Sylvie, l’infirmière, était presque constamment à mes côtés et me parlait calmement. « On se prépare à compresser votre sein, Madame Bastien. Ce sera un petit peu douloureux pendant les trois premières minutes, mais après, vous ne sentirez plus rien. Si ça ne va pas, vous le dites, je suis là. OK? Bon, ça y est, vous voyez, ce n’était pas si pire. Là, on se prépare à geler, ça ne va prendre que quelques secondes… on se prépare à insérer le tube dans votre sein. Vous sentirez une pression, mais ce ne sera pas du tout douloureux. Ça y est. Est-ce que ça va? » Et tout au long de cette procédure, je sentais la chaleur de sa main tantôt posée doucement sur mon bras gauche, celui étiré gauchement au-dessus de ma tête, tantôt sur ma main qu’elle serrait doucement.  Elle me flattait comme on caresse un enfant aimé qu’on désire apaiser. J’étais reconnaissante pour la bonté divine de cette femme, et aussi pour la gentillesse de chacune de ses collègues. Je me suis sentie soignée et dorlotée avec toute la générosité du monde, pendant chaque instant de ma présence dans ce département impressionnant de l'hôpital Royal Victoria, qui devenait, avec elles, un lieu chaleureux où on se sent accueilli et sécurisé.  



mercredi 12 septembre 2012

Frôler la mort


12 septembre 2012

FRÔLER LA MORT

Je ne vais pas mourir bien sûr. Quatre-vingts pourcent des femmes qui ont un cancer du sein de stade 2, comme moi, s’en sortent… mais qu’en est-il du 20 % des femmes qui ne s’en sortent pas?

 Le sujet de ma mort ne m’a jamais même croisé l’esprit. Jusqu’à présent, je fonçais dans la vie comme si rien ne pouvait m’arrêter. Pourtant, je suis fatiguée de courir, c’est la raison pour laquelle j’ai insisté auprès de mon compagnon de vie pour vendre la maison, déménager dans plus petit, avoir du temps. Tout est finalement accompli. Et puis vlan! Un cancer du sein. Si, d’abord, j’ai cru qu’enlever cette tumeur ne serait qu’une simple procédure, et puis que la vie continuerait, j’ai dû, par la suite, être choquée, dépassée d’apprendre la nouvelle d’une autre masse et d’autres cellules, toutes cancéreuses, qui devaient être traitées. Il y aura six mois de chimiothérapie suivie de radiation et ensuite une chirurgie dont une mastectomie pour terminer avec l’hormonothérapie pendant les cinq prochaines années.

Je me suis d’abord senti abattu, mais une longue réflexion engendrée par l’attente interminable de résultats a porté ses fruits. Je peux m’effondrer et subir cette expérience. Ou bien, je peux accepter la situation en apportant à ma vie les changements que je sais devoir faire depuis longtemps. Je suis épuisée par mes habitudes frénétiques, mes inquiétudes, mes craintes. Je serai maintenant chez moi, au jour le jour, pendant des mois, à vivre avec ce cancer. Que puis-je faire pour traverser cette expérience le plus sagement possible? Que puis-je faire pour grandir, m’épanouir, malgré cette maladie qui vit en moi, mais qui n’est pas moi? Mes lectures d’Anticancer et de Guérir de David Servan-Schreiber sont d’une inspiration extraordinaire.  Les aliments anti cancers de Richard Beliveau font déjà partie de notre alimentation de tous les jours. Nos repas sont toujours constitués d’aliments sains et nous prenons plaisir à rechercher des produits biologiques et frais que nous savourons.

Et puis, il y a Marc, mon compagnon de vie, mon ami, mon  âme sœur, qui s’est engagé, comme depuis le premier jour, à m’accompagner tout au long de ce parcours. Je suis éternellement reconnaissante de l’avoir à mes côtés et aussi, d’être entourée de gens que j’aime profondément et qui m’aiment. J’ai reçu des appels, des courriels, des petites cartes, des toutous de gens qui disent penser à moi, prier pour moi, m’envoyer des pensées positives. Je suis une femme incroyablement riche et j’ai tout ce qu’il faut pour faire de ce parcours une expérience extraordinaire qui transformera ma vie pour le mieux.





mardi 11 septembre 2012

L'histoire qui précède le blog

 

Nous avions l'idée de rendre les choses plus simples, partir dans plus petit, se trouver un lieu où l'on pourrait prendre soin l'un de l'autre, avoir enfin du temps...du temps pour soi, pour nous, pour nos enfants et nos petits-enfants. En février dernier, nous avons trouvé l'endroit: l'ancien condo de Lyne que nous avions habité avec les quatre enfants en 2010 avant de déménager dans notre maison à côté de l'Église de la Présentation. Il y avait des rénovations nécessaires ET il fallait vendre la maison. C'est Lyne qui a tout emballé et encaissé. Le soir, je revenais et je trouvais toujours quelques boîtes de plus. Lyne, c'est l'abeille ouvrière qui butine sans relâche et tant que la tâche n'est pas accomplie, elle y travaille, reléguant le repos aux oubliettes.
En mai, après la vente de la maison, nous avons procédé aux rénovations du condo et en juin, épuisés, après avoir reçu l'aide de nos filles et d'amis pour la peinture, nous sommes déménagés (merci à Jani et Alain!!).
Nous avions planifié de partir nous reposer à Québec quelques jours à partir du 29 juin. Un ami nous offrait son pied à terre près de la gare de train...un temps de repos dans un oasis de paix nous attendait.
Une semaine avant notre départ, le 22 juin, Lyne s'est rendue au Médicentre de Lasalle afin de subir une mammographie. Il y avait deux ans depuis la dernière. Elle est revenue à la maison un peu inquiète; ils avaient détecté une masse sur son sein et lui ont fait sur place des radiographies et une échographie afin de préciser ce qu'ils avaient détecté. Quelques jours plus tard, Lyne recevait un appel de l'Hôpital Royal Victoria (HRV), on l'invitait pour une biopsie et une autre échographie. Le 28 juin, on se rendait à HRV.
Nous nous sommes rendus au 10e étage, en oncologie. À notre arrivée, des muffins dans la salle d'attente. Une certaine douceur planait...un mélange de sérénité, de calme mais aussi une certaine lourdeur.
Les médecins ont procédé à trois prélèvements dans le sein gauche et dans un ganglion, puis, nous sommes retournés à la maison.
Christian Bobin écrit: "ne rien prévoir, sinon l’imprévisible. ne rien attendre, sinon l’inattendu". Nous, c'est plutôt dégagés de toutes pensées noires que nous sommes partis vers Québec. Il y a bien eu certains moments de craintes, nos regards n'étaient pas complétement clairs, s'y trouvait aussi une certaine appréhension: que nous réservait le retour à Montréal? Nous avons travaillés très fort à ne laisser qu'un espace minimal à nos inquiétudes et nous nous sommes laissés envouter par les rues de Québec et son petit marché près de la gare, nous avons pris plaisir à courir sous la pluie, à dévorer nos livres, à manger des pâtes exquises et....nous avons pris le temps de se retrouver, de se dire, de s'aimer et....c'était délicieux!
C'est le Dr. Rouette, le 16 juillet, à Dorval, une dizaine de jours après notre arrivée, qui nous a informé qu'il y avait des cellules cancéreuses dans le sein gauche. Il disait que les cellules étaient contenus dans les canaux. Il nous dit également qu'il y aura différents moyen de faire disparaître ces cellules, dont la chimiothérapie. À ce stade, nous étions plutôt positifs et nous envisagions déjà la suite avec une certaine légèreté. Ça irait!
Le 3 août, une rencontre avec le directeur des services d'oncologie de HRV nous rencontrait pour nous faire un portrait un peu plus complet de la situation de Lyne: il s'agit d'un cancer de stade 2 où les ganglions sont également atteints. La nouvelle est dure. Heureusement, Carole Magnan, l'infirmière clinicienne sur place est très réconfortante
Notre retour à la maison est très émotifs...nous sommes ébranlés, mais nous savons que nous sommes deux devant cette épreuve, tout comme pour toutes les autres que nous avons surmontées, que ce cancer sera probablement chose du passé dans quelques temps. 
Par la suite, la radiologie des poumons et le scan des os se sont heureusement révélés négatifs.  Il restait l'IRM (imagerie par résonance magnétique) et une autre échographie. Nous avons alors appris que la masse était de 3,7 cm et que la partie droite du sein gauche était également touchée.  Lyne devra subir une mastectomie du sein gauche.  Il reste encore une biopsie le 13 septembre.

La chimiothérapie devrait commencer durant la semaine du 17 septembre.  Nous avons rencontré le Dr. Bouganim au début septembre. Il nous a informé des effets secondaires reliés à la chimio et également du plan qu'il propose pour Lyne: Chimio à toutes les trois semaines pour 3 mois, chimio à toutes les semaines de janvier à mars, un mois et demi plus tard la chirurgie, la radiothérapie suivra, puis durant 5 ans il y aura l'hormonothérapie. Tout un plan!  

Pour l'instant, ce sera un jour à la fois.

Tout a commencé


C'est aujourd'hui que débute l'écriture de ce blog où Lyne, au fil de ses lectures, de ses rencontres, de ses traitements, partagera, pas à pas, son vécu de femme avec un cancer du sein, ses réflexions aussi, mais surtout sa reconnaissance envers ce TOUT qui, dans sa vie, lui permet d'avancer et de demeurer positive.

Après discussion, étant donné qu'elle débutera ses traitements de chimiothérapie durant la semaine du 17 septembre, qu'elle s'est inscrite à des cours de yoga et de mise en forme en piscine, qu'elle a un soir de méditation et qu'elle fera probablement un peu de traduction, moi, Marc, son époux, je ferai son secrétaire et serai ses doigts sur ce clavier.